Types de structure du sol : grumeleuse, polyédrique, lamellaire et massive. Source : Wikimedia Commons (domaine public).
Qu'est-ce que la structure du sol et pourquoi est-elle importante
Un sol bien structuré présente des agrégats stables qui permettent à la fois la circulation de l'eau et de l'air, et le développement des racines. On distingue principalement quatre types de structure :
- Grumeleuse : petits agrégats arrondis, favorable à la biologie du sol et aux cultures maraîchères.
- Polyédrique : agrégats anguleux de taille variable, fréquente dans les horizons travaillés.
- Lamellaire : couches horizontales compactées, signe de tassement par passages répétés.
- Massive : absence d'agrégats visibles, sol compact, perméabilité réduite.
Sur les sols limoneux du Bassin parisien et de la Normandie, la structure grumeleuse en surface se dégrade rapidement en structure lamellaire après quelques années de labours profonds répétés associés à des passages d'engins lourds sur sol humide.
Indicateurs de dégradation observables au champ
Plusieurs observations directes permettent d'évaluer l'état de la structure sans matériel spécialisé :
Observations pratiques à réaliser au printemps
- Présence d'eau stagnante après une pluie modérée : signe de porosité insuffisante.
- Croûtes de battance en surface : visibles après les premières pluies d'automne sur sol nu.
- Résistance à la pénétration d'un bâton ou d'une sonde à 20–30 cm de profondeur : semelle de labour probable.
- Faible présence de vers de terre lors d'un prélèvement de 20 × 20 cm à 20 cm de profondeur.
- Jaunissement précoce des cultures en zones de sol compact.
Pratiques culturales pour restaurer la structure
La restauration de la structure du sol passe par plusieurs leviers complémentaires. Aucune pratique isolée ne suffit ; c'est leur combinaison dans le temps qui produit des résultats mesurables.
Réduction du travail du sol en profondeur
Le labour profond (25–30 cm) perturbe les réseaux biologiques du sol et détruit les galeries de vers de terre. Sur les petites exploitations cultivant des céréales, le passage à un travail superficiel (10–15 cm) puis au semis direct a permis dans plusieurs cas documentés une amélioration de la porosité et de la stabilité des agrégats en surface en trois à cinq ans. Le réseau des CIVAM (Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural) a publié des témoignages de transitions vers la réduction de travail du sol en Normandie et en Bretagne.
Introduction de cultures à enracinement profond
Les plantes à pivot profond — radis fourrager, moutarde blanche, féverole — cassent mécaniquement les couches compactées. Semées en interculture, elles créent des galeries qui persistent après leur décomposition et améliorent le drainage. Le radis fourrager, dont les racines peuvent atteindre 60 à 80 cm, est particulièrement utilisé dans les CIPAN d'été en Champagne.
Apport de matière organique
La matière organique joue un rôle de liant dans la formation des agrégats. Sur les petites exploitations d'élevage, les fumiers compostés apportent à la fois de la matière organique stable (humus) et des éléments nutritifs. Sur les exploitations céréalières sans élevage, les engrais verts enfouis et les composts de déchets verts municipaux (disponibles via certaines collectivités françaises) constituent des alternatives.
Limitation des passages d'engins sur sol humide
Un passage de tracteur sur un sol à forte teneur en eau peut créer une semelle de tassement à la profondeur de travail. Sur les petites parcelles, l'utilisation de tracteurs plus légers ou de chenilles plutôt que de pneumatiques larges réduit la pression exercée sur le sol. Les conditions d'humidité au moment des travaux sont un facteur de dégradation aussi important que la fréquence des passages.
Suivi de la matière organique dans le temps
Les analyses de terre réalisées par les laboratoires agréés (réseau Agro-Transfert, Chambre d'agriculture, INRAE) permettent de mesurer le taux de carbone organique du sol (COS) exprimé en g/kg. Un sol limoneux du Bassin parisien présente généralement un COS compris entre 8 et 15 g/kg en horizon de surface. Des valeurs inférieures à 8 g/kg signalent un appauvrissement notable.
L'analyse annuelle n'est pas nécessaire : un suivi tous les trois à cinq ans suffit pour évaluer les tendances. Les résultats s'interprètent toujours en tenant compte du type de sol, du climat local et de l'historique cultural de la parcelle.
Exemple de sol bien structuré en zone de production céréalière. Source : Wikimedia Commons (CC BY 2.0).